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Charivari, troisième (et dernière) séquence!

samedi 5 septembre 2009

On dirait le Sud (du 29 août au 5 septembre)

Ce bout de Port Gardian où nous sommes amarrés à nos deux pieux nous aura, à lui seul, restitué de plein fouet l’image oubliée du peuple de Marseille. Comme nous sommes en bout de ponton, chaque sortie nous fait traverser le « village » de ces bateaux-cabanons. On essaie de ne pas déranger : chacun s’active à faire la sieste, palabrer, préparer le pistou ou, but ultime de cette activité trépidante, boire enfin l’anisette.
Les « Petits » arrivent vendredi soir, et retrouvent avec plaisir Charivari qu’ils avaient quitté à Chipiona, au temps des emmerdements. Mais pour eux les repères sont intangibles et Amandine, à peine à bord, nous demande où est passé son dessin, qui n’est plus collé à sa place dans le carré. On doit attendre que le mistral passe, mais les Saintes Maries offrent beaucoup de distractions, le sable est chaud, la mer est tiède et les flamants roses sont au rendez-vous dans le soleil couchant tout orange sur l’étang. Et puis il y a les distractions du bord,

où l’on aime friser les interdits comme celui qui concerne cette chère corne de brume.
En attendant que le mistral cesse, Luc a donné libre cours à son talent de grimpeur pour aller nettoyer nos barres de flèche.


J’ai eu le vertige pendant toute sa voltige.
Nous avions rendez-vous avec le temps calme dimanche après midi : j’apprécie vraiment le logiciel de Météo-France « Navimail », couplé au modèle météo « Europe » : depuis notre départ de Valence, il nous a donné des prévisions très fiables, ce que je croyais impossible en Méditerranée. Ainsi, il nous avait prévu l’arrêt brutal du mistral dimanche à 14h, ce qui fut le cas.
Temps de demoiselle. Pourtant Amandine a eu quelques difficultés à s’amariner…
Luc et Chloé se sont disputé la barre (avec talent ),
pendant que Julie faisait bronzette sur le pont,
qu’Amandine, anéantie, digérait son comprimé de « Mer-calme »,
et que le studieux Mathieu suivait les cours de pêche de Mamoune et de navigation de Bon’pa.
Ils repartent, ils ne verront plus Charivari.
Lundi, cap sur Marseille ! Décision de dernière minute, prise avec l’envie de faire une escale dans le Vieux Port, pour une approche inattendue de cette ville. Nous y arrivons avec un vigoureux vent d’Est dans le nez. Quelle beauté, Marseille qui regarde la mer (on ne la voit pas comme cela depuis la terre)! Et son relief ! La Société Nautique de Marseille qui nous avait réservé une place ce matin, avait mangé la consigne… Mais le Bosco, tout en gentillesse, nous en trouve une on ne peut mieux placée devant la « Librairie Maritime et d’Outremer » :
la seule course que j’avais à faire à Marseille était un guide maritime.
Nous avions prévenu quelques-uns de notre arrivée, et Charivari a reçu des amis chers pour un apéro frugal… mais quelle chaleur : un grand moment !
Suivi d’une dégustation de tajines sur la Place aux Huiles, sous les étoiles et dans le vent tiède.
Les quitter sur un quai pour repartir le lendemain de Marseille par la mer nous a laissé une impression étrange.
Mais nous n’y serions pas restés plus longtemps : ça avait de la gueule, surtout la douche sur la péniche du Yacht-club, mais quel tapage toute la nuit !
Cap à l’Est, nous trouvons à nouveau un bon vent dans le nez. Nous longeons des reliefs superbes,
comme cette forme de vampire qui surgit des flots ailes déployées, que prend l’Ile Maire (au bout du Cap Croisette). Nous mettons l’ancre devant l’Ile des Embiez, et repartons au petit jour pour Porquerolles où nous avons envie de trainer un peu : le temps ne nous laissera pas le choix, notre logiciel météo nous avait d’ailleurs averti que nous aurions 3 jours de vent fort.
Premier mouillage en baie d’Alicastre pour le plaisir de retrouver un haut lieu de fête (nous y avions organisé, voici quelques années, une fête des quinquas, tous en voiliers et déguisés en corsaires ; et y étions revenus en famille pour une Fête des mères à la voile). Le matin suivant, les prévisions de vent nous poussent à quitter cette jolie baie pour chercher un meilleur abri, toujours à l’ancre, devant la Plage d’Argent, où nous passons une seconde journée. Mais au matin, la météo modifie la direction du coup de vent annoncé, et prévoit un Nord-ouest musclé (force 8 avec rafales), qui devrait secouer aussi ce mouillage. Nous nous décidons à nous mettre à l’abri dans le port de Porquerolles, et c’est in extremis que nous y entrons pour prendre l’une des dernières places, tant la manœuvre avec les rafales était devenue délicate. Le vent est monté progressivement, et hier soir nous dinions dans le cockpit avec un vent chaud qui a atteint 37 nœuds. Ce port est très mal protégé des vents de Nord-ouest, et nous roulions de façon infernale : peut-être plus finalement que ce que nous aurions ressenti au mouillage…
Nous repartons demain vers l’Italie, pour la bouclette finale qui nous verra repasser par ici dans un mois.
Bises à toutes et à tous !

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