Last news...


Charivari, troisième (et dernière) séquence!

vendredi 28 août 2009

Retour au pays ! (de lundi 24 à vendredi 28 août)

Seconde nuit au mouillage à Cadaqués : l’endroit est vraiment beau, surtout quand la nuit tombe, que la petite ville s’éclaire, sans fioriture, seulement une guirlande de lumières jaunes qui encadrent le fond de la baie, là où se trouvaient les petites maisons blanches. On entend au loin un guitariste dont on recueille les accords et la mélopée très espagnole, sans doute un peu amplifiés par la sono d’un bar, et portés par les vagues qui nous roulent un peu. C’est dimanche soir, il n’y a plus personne, et on est bien… une fois achevée la corvée de remontée de l’annexe et de son moteur sur leurs portiques : exercice périlleux quand le bateau danse sur le clapot, et que la nuit est tombée. Je jure toujours beaucoup en faisant ce genre de sport, au grand dam de Françou qui ne comprendra jamais combien cela m’aide.
A l’aube, nous levons l’ancre pour une longue étape qui doit nous amener en France.



Le ciel dégueule du nuage gris sur le relief. Nous passons immédiatement le Cap Creus, qui sait être très mauvais, mais nous avons appris à apprivoiser les caps…


Le pauvre d’ailleurs n’est pas en forme, et se torche le nez dans un nuage sale. Puis nous entrons dans le Golfe de Lion, un autre terrain de jeu favori des grands coups de vent. On entre dans l’arène sur la pointe des pieds pour ne pas réveiller le monstre qui dort au fond du Golfe, et qui s’appelle Tramontane : on dit que, partant d’un beau ciel bleu elle est capable de monter au coup de vent sans prévenir, en un quart d’heure. Mais j’ai soigneusement consulté les augures de la météo, et théoriquement on ne risque rien aujourd’hui. De temps en temps seulement un gros nuage noir rejoint la mer qu’il fait scintiller de moutons blancs, sans réussir à exciter la bête. Charivari file ses 6-7 nœuds au bon plein, la vie est belle.
Arrivée à Gruissan : pas le plus beau coin de la côte, mais bon accueil. On nous attribue une place à quai dans une zone de promenade, un genre de paséo à la française : ils seront 10.000 au moins à passer en flânant devant Charivari. Et la nuit fut bruyante, jusqu’à la fermeture des bars. Il a plu cette nuit. A l’aube l’envie nous prend de déguerpir. Nous prenons le petit déjeuner en mer, cap sur Port-Camargue. La météo nous dit que les orages viennent de l’Ouest, ils devraient arriver dans la soirée là où nous allons, c'est-à-dire que nous faisons la course poursuite.
Je méditais à cela en priant le ciel qu’ils ne nous rejoignent pas, quand un grondement venant derrière moi me fait sursauter. Nous sommes seuls en mer, rien en vue, et un hélico vient se coller à nous 20 mètres au dessus de l’eau ! On nous cherche ? Ce sont les enfants – ou Chris, leur suppôt - qui nous font surveiller ?! Françou me dit que c’est la télé, on se recoiffe. Je l’appelle par radio, lui demande ce qu’il nous veut. Ce sont les douanes françaises. Il s’acharne à m’appeler Ariete. Je lui fais remarquer que c’est le nom de marque du gros harnais de récupération d’homme à la mer, qui est fixé sur le balcon arrière, et que le nom du bateau, c’est Charivari. Un peu vexé– je le vois dans ses yeux - le douanier volant me dit sur un ton qui frise la menace de mise aux arrêts, que mon annexe sur son portique cache le nom du bateau. Je lui épelle en alphabet « Charlie Tango » le nom du bateau, le mien, et tout ce qu’il me demande : ça coûte un max au contribuable au prix de l’heure de vol. Mais on nous libère enfin.
Port-Camargue est époustouflant. C’est le plus grand port de plaisance d’Europe. Accueil parfait, tout y est impeccable. On va faire un petit tour pour se dégourdir les jambes, mais on ne fait qu’une petite boucle de 5km qui ne nous permet pas de tout voir.
Le lendemain décision stratégique : Luc, Julie doivent nous rejoindre pour le week-end. Mais la météo annonce un coup de mistral pour samedi et dimanche. Où aller pour que, s’ils nous rejoignent quand même, le cadre soit attractif. Le choix se porte sur Port Gardian aux Saintes Maries de la mer, quand je découvre que malgré sa taille modeste, il peut accueillir notre gros Charivari. Des voisins de ponton nous préviennent : sans hélice d’étrave, la manœuvre y est difficile. Et surtout gare aux moustiques, ils en ont promené des spécimens plusieurs jours après y être passés.
On verra. Nous y allons avec un tout petit vent et, comme l’étape est courte, on se fait le plaisir de laisser Charivari se prélasser sous voiles à 2 petits nœuds sur une mer d’huile.

Arriver sur les Saintes Maries par la mer est un spectacle magnifique.


Ici point de pendilles, on découvre les poteaux : il faut quitter le chenal étroit et virer à angle droit pour se faufiler entre ces 2 poteaux à peine plus espacés que de la largeur du bateau. Puis quand on a lancé les amarres au ponton, les attraper au lasso pour caler l’arrière du bateau. Par fort vent ça doit être sportif. Bien sûr, les poteaux sont de vieux pieux métalliques pas du tout protégés. Coques fragiles s’abstenir.
Pour les moustiques, Françou se sent armée : on met les moustiquaires (en voile de mariée) sur chacun des 11 ouvrants (pas un de moins sinon on crève de chaud). On sort les spirales fumigènes. Ça marche : on n’a vu qu’un moustique, visiblement dépressif.
Nos voisins nous ont gentiment accueillis : ce sont 2 vieux patriarches teutons sur un gros voilier métallique. Ils vont nous confirmer ce que nous avions déjà constaté : les allemands ont le culte de la biture lente. Ils étaient assis dans leur cockpit à boire des bières à notre arrivée vers 16h, et le seront encore à l’extinction des feux, le tout en débitant en allemand un discours ininterrompu, grave et monocorde. Nous avons pu constater qu’ils ne tenaient pas debout. Mais à l’aube, nous les avons vus partir en mer, fringants.


Nous voyons arriver, de nuit, une superbe péniche à voile hollandaise, avec dérives latérales comme nous en avions vues à Amsterdam : elle a du emprunter la même route qu'Alexander, par les canaux.
Mais quel charme cette escale, malgré la foule. Nous y passerons 4 ou 5 jours très volontiers. Le ponton où nous nous trouvons est surtout peuplé de bateaux à moteur pêche-plaisance habitables, et on y retrouve toute l’âme marseillaise : ce sont plus des caravanes sur l’eau que des bateaux, et chacun a amené à son bord, outre des aménagements très domestiques, comme du parquet au sol du cockpit, tout un tout bric à brac qui donne à l’ensemble une image de grand désordre débordant largement sur le ponton. Ces « Toi-Moi-Nous » flottants s’appellent « Galinette » ou « Thon-thon », ça fleure bon « Chasse Pêche et Nature ».
Une chose nous étonne depuis notre départ de Farnals : certes il y a de l’activité à proximité des ports. Mais ce sont des petits tours dans l’eau de résidents, et en ce mois d’août nous rencontrons très peu de voiliers faisant route. Cela était vrai en Espagne, et se confirme en France.
Voilà, nous attendons Julie, Luc et les petits ET le coup de vent (ne voir aucune corrélation entre les deux) demain soir.
Bises à toutes et à tous.

Aucun commentaire: