Nous sommes à l’ancre dans une belle et vaste lagune, la Bahia des Alfacs dans le delta du Rio Ebro, entre Valence et Barcelone : une réserve naturelle, la plus belle d’Europe après la Camargue. Un petit vent de Sud-est de 15 nœuds, bien chaud, nous taquine gentiment après nous avoir poussés jusqu’ici. Cela nous rappelle la lagune de Faro, en plus « pacifique » : nulle menace de tempête, pas d’angoisse pour la nuit qui vient, mais le petit village des sables de Culatra et ses habitants nous manquent !
Nous arrivions de Farnals, où nous avons remis Charivari à flots, après deux mois passés en plein cagnard, le pauvre. Nous retrouvons aussi Miguel, le sympathique et dynamique « capitaine » du port, et son équipe de jeunes marineros sillonnant le port sur des bicyclettes hollandaises, toujours à devancer nos demandes. Les 2 jours passés à bord avant sa remise à l’eau ont été un peu « chauds » : 42° dans le bateau : heureusement qu’il ne faisait « que » 34° dehors.
Petit problème moteur : le rouet de pompe de refroidissement était coincé. Je m’en suis rendu compte à temps, lors d’un essai avant remise à flot, et le changement s’est fait comme une fleur grâce à la disponibilité et à la gentillesse des mécaniciens du chantier. Autre problème « amusant » : le GPS ne trouvait plus ses satellites ! Irréparable nous dit en franglaispagnol (notre esperanto à nous) le vendeur de GPS de Farnals. Nous lui en commandons un pour le lendemain. Je rencontre Miguel qui me dit que parfois, les antennes du port empêchent la réception des satellites à bord des bateaux. Nous faisons sur le champ un essai en mer (Raymond Devos ferait un sketch d’une phrase comme celle-là !). Miracle, notre bon vieux GPS retrouve ses satellites. Et le vendeur de GPS ne s’y retrouvera pas cette fois là (nous avons du mal à croire qu’il n’est pas au courant du problème), nous annulons la commande.
Autres faits marquants de notre séjour à Farnals : Françoise s’y est baignée tous les jours avec un plaisir évident : ça n’est donc qu’une question de température si elle ne s’est jamais baignée en Bretagne ! Elle sait nager !
Et puis en attendant que orages passent et que les vents deviennent favorables, nous avons pris plaisir à visiter Valence : c’est une ville de charme. Partis donc de Farnals le 12 au matin, un premier bord nous a conduit à Oporesa, charmant port que nous quittions ce matin pour ici. Nous courons vers Barcelone où Anouk et ses parents, Greg et Yaya, doivent nous rejoindre dimanche matin pour naviguer quelques jours avec nous.
Bon, revenons au titre de ce premier morceau de blog… « Epilogue » : nous devons en effet raccourcir notre aventure à 1 an 1/2 au lieu de 4. Car le financement de ces années était en partie fondé sur l’espoir de légers gains boursiers. Nos placements furent faits en toute confiance sur des choix bien sûr soigneusement étudiés, et engagés en juillet 2007… soit quelques jours avant le début de la débâcle ! Comme vient le mauvais temps quand on regarde le baromètre chuter, l’espoir de légers gains s’est vite transformé en certitude de grosses pertes, en regardant la chute des cours : la Bourse est devenue un paramètre de navigation important à bord. Bref, depuis notre retour de Chipiona, nous ne nous faisions plus d’illusion et n’avions plus en tête que de passer une année de navigation tranquille en Méditerranée, ayant remisé nos rêves de grand voyage. Ceci dit, ce dont la « crise » nous a privés n’est que du superflu, cela n’est rien. D’autant plus, et nous le disons sans fausse modestie, que nous ne sommes sans doute pas des marins assez trempés pour entreprendre le grand voyage que nous projetions de faire. Mais nous aurons découvert beaucoup de belles choses à notre portée, et acquis un peu d’expérience marine.
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