De Villajoyosa à la cala Sardinera (baie de Javea). Dimanche 17 mai.
En compagnie de Zigzag, nous quittons la « ville joyeuse » poussés par un petit vent de Sud-est.

Nous longeons une côte au relief magnifiquement découpé. Notre but est de trouver un mouillage bien abrité de ce vent qui forcit progressivement, près du cap de la Nao qui est le point le plus proche des Baléares. Nous trouvons notre bonheur dans une jolie crique au nom pittoresque : la cala Sardinera. Encore beaucoup de bateaux à l’ancre quand nous arrivons en ce beau dimanche, et Jean-Yves devra changer 2 fois de mouillage avant de pouvoir éviter sans toucher un autre bateau. Difficile de mouiller quand comme lui, on est seul à bord, et surtout sans guindeau électrique : il fait tout à la main, aidé seulement par un gros cabestan type « moulin à café », qu’il extrait de sa baille à mouillage.

Le soir venu, il ne reste plus que nos deux bateaux. Des rafales se mettent à débouler régulièrement des reliefs de la crique, tantôt de la droite, tantôt de la gauche, faisant vibrer les coques qui tirent sur leurs longes.

Beau coucher de soleil rouge, et l’obscurité envahit notre havre, qui n’en plus vraiment un. Vers 23h je constate que nos deux bateaux évitent vigoureusement sur leurs ancres, mais chacun jouant sa partition ! Comme l’un et l’autre avons mis beaucoup de chaîne, il vient un moment où je dois mettre d’urgence Popeye en route, et marche arrière toute pour éviter un coup de poupe de Zigzag ! Le bruit n’a pas réveillé Jean-Yves, et Françou l’achève de plusieurs coups de corne de brume… Le pôvre, il ne sait pas encore que sa nuit est presque finie… Il sort son moulin à café, remonte son ancre et nous le voyons partir jeter son ancre pour la 3ème fois, de l’autre côté de la crique. Nous allons dormir d’un sommeil serein mais lui, inquiet, veille à la bonne tenue de son ancre dans les rafales. Vers 1 heure, nous dira-t-il, le vent s’est calmé, et il s’apprêtait à se coucher, quand un bon souffle de Nord-ouest (l’opposé !) se lève, et Zigzag – qui porte bien son nom – fait un demi-tour sur son ancre, la poupe venant dangereusement flirter avec les rochers de la côte. Quatrième mouillage… Il aura veillé 3 heures.
De Sardinera à l’île d’Espalmador (Baléares). Lundi 18 mai.
Un beau roulis causé par ce Nord-est dont nous ne sommes pas abrités, accompagne la crécelle du réveil à 6 heures, pour nous rappeler aux lois et aux charmes de la plaisance. Et encore, nous avions dormi, nous ! Mais rien dans la voix toujours calme et optimiste de Jean-Yves à la radio, ne laisse deviner ce qu’il a enduré. Nous avions convenu de partir le plus tôt possible pour cette traversée vers les Baléares car le vent devait monter à l’Est dans la journée, et nous voulions faire de la route avant de l’avoir dans le nez. Le Nord-ouest qui s’est levé cette nuit se renforce un peu, accompagné de gros nuages noirs pas sympathiques. Tant mieux, il nous pousse à 7-8 nœuds sur la première partie de route, notamment pour traverser un « rail » de navigation. Nous nous serions cru en Manche avec ce temps gris et froid.
Zigzag était à 1 mile devant moi quand, stupéfaction ! Un cargo qui allait croiser notre route, et dont je contrôlais très bien la trajectoire sur mon écran, met soudain le cap sur moi ! Puis il corrige et passe entre nous deux. Il a du juger que Jean-Yves était un peu trop sur sa trajectoire !
Puis le beau temps revient, le vent tombe, on met les moteurs en appui.

Plus loin, dilemme : sur ma route se trouvent : d’un côté un chalutier au ralenti, et de l’autre un vivier à poisson, et peu de place entre eux. Je décide malgré tout de passer entre eux deux… jusqu’à ce que je distingue le câble qui les reliait.
Nous mouillons en compagnie de Zigzag et de Flores arrivé depuis deux jours, devant la splendide plage de l’île d’Espalmador, entre Ibiza et Formentera.





Je vous laisse vous régaler d’images de rêve. Nous y passerons 3 nuits au mouillage.
Espalmador, le 20 mai


Au petit matin nous voyons partir nos amis, le cœur un peu serré : ils partent sur Majorque etc… Après tant de miles faits ensemble (depuis La Corogne pour Flores !) nous ne nous retrouverons sans doute plus ensemble sur l’eau.
Nous avons décidé de prendre une bonne semaine de repos en visitant au gré de nos envies toutes les criques et mouillages autour d’Ibiza et Formentera, avant de retourner sur le continent, à Valence, pour y laisser Charivari de début juin à début août (pour le mariage de Ben et Emilie, et les vacances familiales).
C’en est fini – pour le moment ! - de la course en avant, on se laisse aller. On profite.
Formentera, le 21 mai.
Et puis nous avons des êtres chers à retrouver à Formentera : Flavie ma filleule, et Mathilde sa sœur qui y habite avec son Juan Pedro et leur adorable Joao. Sans parler de la fameuse maison de Chantal, leur Maman, qui nous en parle et la retape depuis 15 ans. Ce matin donc, nous venons jeter une amarre dans le port de Formentera,

affrétons un scooter, surmontons toute peur du ridicule à chevaucher ce drôle d’engin, et partons à la recherche de nos amis.

Au passage nous découvrons le charme de cette île.
Dans la soirée et après beaucoup de coups de fil de Chantal vers ses filles, nous retrouvons Mathilde


et sommes accueillis dans le chantier de la future maison de Joao,

que son architecte de père restaure avec amour et talent.
Nous retrouvons Flavie dans la merveilleuse, la chaleureuse, la belle et douce maison de rêve


que Chantal a retapée avec tant de passion. Sans eau autre que l’eau de pluie, sans électricité autre que solaire, mais c’est un château.
Demain nous partons avec Charivari visiter les criques d'Ibiza.
Bises à toutes et à tous.
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