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Charivari, troisième (et dernière) séquence!

mercredi 8 octobre 2008

Sines n'est pas Byzance.

Sines est une adorable petite ville nichée au fond d'une baie artificielle qui accueille d'énormes méthaniers et autres monstres pleins de tuyaux et decontainers. Le miracle, c'est que l'on ne voit ni ne perçoit rien de ce trafic depuis la ville, la plage ou le port. C'est (sans doute) la manne qui luivient de cet industrieux voisinage que Sines semble ne plus savoir où investir. En effet, nous avons profité d'une luxueuse marina - quasiment vide - quinous accueille pour un prix très modique. Les lieux sont faits pour dix fois plus de clients, et le personnel de service est surnuméraire. Y compris lapolice maritime (dont le rôle semble confondu avec celui de la douane et de la capitainerie) qui gare ses somptueuses 4X4 dans le parking vide. La plage -vide elle aussi, pour cause de fraîcheur, mais néanmoins ratissée tous les jours - est belle et aménagée comme celle de Nice, desservie par un somptueuxescalier la reliant à une splendide promenade pavée et bordée de palmiers. La bibliothèque municipale est un énorme cube de marbre et de verre, façonpéplum, qui s'est posé dans un vieux quartier de façon si incongrue que l'oil ne cherche même pas le début d'un accord harmonieux entre les deux.Nous avons abusé de cette bibliothèque, suréquipée en ordinateurs, pour faire notre courrier électronique (nous n'avons trouvé aucun cyber-café, lamodernité fait ici des avancées sélectives). Mais l'interdiction d'utiliser des clés USB nous limite beaucoup : les photos ne partiront pas d'ici.Sines est aussi une ville qui semble perpétuellement balayée par un vent frais venant du Nord. Cela nous a valu une nuit très agitée au ponton de la marina: le vent est monté jusqu'à 33 nouds (début de force 8) dans le port. Charivari prenait le vent et les vagues de travers, menaçant d'arracher notre catway(petit ponton latéral). J'ai du doubler les amarres, et les porter sur le ponton principal. En pyjama. Où donc faut-il aller, pour dormir tranquillementen bateau ?!Mais la ville est jolie : ses rues anciennes, ses façades colorées ou chargées de magnifiques azulejos, son relief qui la fait plonger en douceur, d'où quel'on soit, vers la plage ou le port de pêche, ses couleurs évoquant déjà l'Afrique du Nord, sa lumière extraordinaire, surtout au couchant, ses fleurs etses palmiers. autant de beautés qui ne doivent rien à l'argent du pétrole.Nous avons eu du plaisir à nous trouver un soir dans l'ambiance d'un petit resto de quartier (repas à 7? tout compris, y compris le pain, le vin et lecafé). Le resto était plein, nous étions 33, dont 30 hommes. Les 2 autres femmes étaient à la même table, seules.Titre : Saut de l'Ange vers le CapEt puis nous sommes partis vers Sao Vicente, le dernier Cap, la dernière épreuve de ce voyage initiatique : on dit de ce Cap que, parfois, on l'entendavant de le voir. La difficulté vient du fait qu'il faut franchir 60 milles sans abri avant de l'aborder, et donc s'assurer d'une bonne météo pour les 10heures à venir. Encore que les vents locaux n'en feront sans doute qu'à leur tête, et ils savent monter vite et fort. Certains, comme nos voisins deponton, partent le soir pour l'aborder en fin de nuit, car « on dit » que les vents se calment toujours au petit matin. Michel, notre routeur, nous adémontré le contraire. Quant à Brigitte, consultée, elle pense qu'il faut mieux passer de jour, c'est tellement plus beau ! Nous avons des nouvelles deKassumay, qui l'a passé avec 30 nouds et pour qui ce fut galère. Bref nous sommes un peu tendus quand, à l'aube, nous mettons en route.Mais tout fut bel et bon, les dauphins étaient là à faire des galipettes, et les fous de bassan leurs sauts de l'Ange.A 17h, le Cap salué, nous commencions à voguer plein Est, vers la Méditerranée, ayant atteint la latitude 36°5 (celle d'Alger et de Tunis).

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