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Charivari, troisième (et dernière) séquence!

vendredi 24 octobre 2008

A droite ou à gauche ?

Dimanche (12 octobre) enfin, le mauvais temps est passé. Il parait qu’un ou deux cargos sont allés se mettre à la côte du côté de Cadix. Nous pouvons quitter la lagune de Faro…

Dernier coucher de soleil au mouillage devant Culatra.

Il faut attendre la mi-journée que le courant du flot (la mer qui monte) se calme et nous laisse sortir, avant que le mécanisme ne s’inverse et que le courant du jusant (la mer qui descend) ne lève une barre que l’on ne franchit pas sans risque.
Impatient, je quitte le mouillage vers 11h, à mi-flot. Tout va bien jusqu’au goulet final, là où les 2 brise-lames se resserrent, n’offrant à l’eau entrant dans la lagune qu’une ouverture de moins de 100 mètres pour s’écouler… et à nous pour passer dans le sens opposé. Popeye hurle car je lui fais l’outrage de l’énerver jusqu’à 3000t/mn. Malgré cela, notre vitesse au fond descend à 2 nœuds, mais on passe, nous faufilant entre deux gros tourbillons qui me donnent l’impression que, si l’un attrapait l’étrave de Charivari, c’était illico le demi-tour forcé…
Notre but est de rejoindre tranquillement Vilamoura à 15 miles à l’Ouest, puis de refaire route à l’Est demain à l’aube vers Mazagon, un peu trop loin à notre goût pour aujourd’hui. A peine remis des tourbillons, nous allions donc mettre le cap à droite, quand un appel VHF nous cueille : « Charivari pour Flores ! » Nos amis, partis de Vilamoura ce matin sont en route pour Mazagon, et nous ont vus sortir de Faro à la jumelle… Comment résister, nous tournons à gauche et nous leur emboitons le pas. Nous verrons devant nous jusqu’à la nuit le petit trait blanc de leur voile sur l’horizon.
Dans leur sillage, nous traversons un camp d’entraînement de dauphins : il y en a à perte de vue, et dans quelque direction que nous tournions la tête, nous les voyons faire des figures par 2 ou par 3.


Escorte



Nos 2 premiers poissons volants : un peu gros pour venir mourir sur le pont.


Le couchant est derrière nous : ça n’était pas au programme ce matin !
Nous quittons les eaux du Portugal, pour retrouver celles d’Espagne, plus exactement de l’Andalousie. Dans la nuit Brigitte nous raconte par radio les casiers qu’ils évitent. C’est vrai qu’il y en a beaucoup par moment, et c’est un peu la roulette russe car on les distingue quand déjà ils frôlent la coque.
L’arrivée de nuit est assez facile : nous entrons à l’abri de l’un des plus longs brise-lames d’Europe, qui longe la côte sur plus de 6 miles de Mazagon à Huelva (pour la petite histoire climato-chaotique, c’est à Huelva qu’est passé, en septembre 2006, le premier cyclone jamais enregistré en Europe).

Guerre et Paix

Ce mardi, c’est notre dernier jour de navigation… Destination : Chipiona, où nous avons rendez-vous pour mettre Charivari à sec pour l’hiver. Chipiona est une petite station balnéaire nichée dans l’estuaire du Guadalquivir, le fleuve qui arrose Séville.
Dès la sortie de Mazagon nous trouvons l’état de guerre : les militaires espagnols balancent des missiles en mer et nous sommes obligés de partir 8 miles au large pour les éviter, sous la garde vigilante d’un petit croiseur rouge qui repousse toute tentative d’incursion de paisibles voileux dans la zone de tir.
Mais de l’autre côté de la ligne des 8 miles, qu’arpente nerveusement le guerrier rouge, c’est la paix : le temps est superbe, et nous vivons la plus douce journée de navigation depuis notre départ ! Mon matelot devient pêcheur, et fait des miracles : avec une petite ligne de rien du tout elle nous ramène 12 poissons ! On s’en fera 2 repas succulents.

« Je suis vraiment triste que ça soit fini » me dit Françou : tout est dit !
Voilà, l’équipage vous salue bien.



Nous mettons le bateau au sec : au programme 8 jours de rangements-réparations-nettoyages-rinçages, puis le retour au foyer.
Nous ferons un bilan de ce périple : le programme sera sûrement revu en fonction de cette première expérience… Nous vous dirons cela sur ce blog dans quelques jours, le temps de prendre un peu de recul.
Bon, c’est bien beau ces croisières en yacht, mais maintenant il faut aller ramasser les feuilles mortes à Charleval !
PS. Le père de Thomas nous a envoyé des nouvelles de Kassumay : nos trois bretons ont mis le turbo et mené leur Sangria en Corse via l’Algérie et les Baléares. La caisse de bord doit se remplir !

vendredi 17 octobre 2008

Chagrin...

Nous sommes arrivés à Chipiona, dans l'embouchure du Guadalquivir (le fleuve qui arrose Seville).
Nous y avons appris mercredi matin que l'adorable, l'exquise Salvatrice nous avait quittés. Comme le dit si bien Marie-Paule, Salvatrice est partie en laissant sa tendresse.
Nous sommes donc en route pour Saint-Etienne, pour entourer Antoine et tous ses enfants et petits-enfants, dont les 3 nôtres.
Nous retournerons préparer Charivari pour l'hivernage, je vous raconterai ses dernières histoires.
Bises à toutes et à tous

lundi 13 octobre 2008

De Sines au Cap Sao Vicente, en images


La ville s'enroule en pentes douces autour de son port

Ocres et bleus : des façades somptueuses.

Vasco de Gama veille sur sa ville natale, le regard scrutant le large.

Une plage qui se prend pour Nice... les baigneurs et autres promeneurs en moins !


Après 60 miles sans abri, le Cap Sao Vicente, d'une tranquilité inhabituelle au soir...


... ce qui nous convient parfaitement !


On décide de continuer (un peu d'angoisse dans le regard : du mal à voir les casiers !)


Le lendemain : l'impression d'être au 1er jour des vacances.

Le relief de la côte est splendide.

Petit aperçu sur un déjeuner "ordinaire".
Il faut bien compenser les kilos que l'on perd par ailleurs !

Charivari, en route pour Faro, vu depuis Flores.

Culatra en images

Les chemins de sable de Culatra

La rue principale

Le port, et Charivari au mouillage dehors...

La place du village, grande plage de sable, descend en pente douce jusqu'au port.



Les petits châteaux liliputiens de Culatra

Le cimetière des aventures échouées


Le "Moulin Rouge", une débauche d'éoliennes originales.
Un culte incantatoire à Eole, dieu du vent ?




Les étapes d'une lente clochardisation.

dimanche 12 octobre 2008

Escale à Culatra

Culatra, c'est le nom de ce petit village de sables, devant lequel nous sommes mouillés depuis maintenant 5 jours, dans la lagune de Faro. Le spectacle est toujours aussi beau. Nous sommes régulièrement frôlés par les grandes barques rapides des locaux, qui les emportent à fond la caisse vers une autre rive de la lagune. Les plus téméraires restent debout comme des cowboys en rodéo, malgré les sauts et les embardées sur le clapot.
Des nouvelles du front : Olivier et Brigitte, partis en vitesse l'autre jour pour essayer de passer avant le mauvais temps, ont en définitive fait demi-tour. Puis, en galérant contre le vent ils sont allés se mettre à l'abri à Vilamoura, à l'Ouest de Faro... Nous assurons bien notre mouillage (que j'ai agrémenté d'un bon amortisseur depuis l'aventure de Cascais, et sur les conseils d'Olivier). Nous regardons avec un peu d'angoisse les 2 milles d'eau libre devant nous, où le clapot peut se lever, mais on se rassure en se disant que l'on n'est pas en prise directe avec la mer.
Puis c'est à nouveau l'ambiance veillée d'armes... on commence à connaître ! Le ciel nous offre toutefois une merveilleuse accalmie, à croire que tous les météorologues se sont plantés (et pourtant RFI annonce force 10 - au large -sur la zone Cadix): une petite brise tiède balaie la lagune cet après midi. Nous décidons donc de débarquer quand on le peut encore.
Culatra est un village de pêcheurs, et la plage qui borde le minuscule port côté lagune, est un lieu de travail couvert de barques et de filets qu'entretiennent quelques hommes. En arrière plan, une centaine de petites cabanes de pêcheurs, toutes semblables sont bien rangées, ruelles en damier à l'ambiance très besogneuse.
Tout est baigné de cette lumière extraordinaire qui, le soir, colorie dans les tons ocres tout ce qu'elle touche. Nous flânons au bord de l'eau, ramassons des coquillages dont Françou nous fera ce plat délicieux découvert en Espagne (haricots, coquillages, oignons). Devant nous une langue de sable est recouverte d'une colonie de mouettes, fascinantes à observer dans leurs rites étranges faits de poses orgueilleuses, d'envols soudains et desimulacres de règlements de comptes.
Détendus, nous allons siroter une petite bière dans un troquet qui borde « l'agora » de Culatra, une vaste étendue de sable descendant jusqu'au petit port, sillonné dans tous les sens par les villageois qui le plus souvent poussent une brouette ou tirent une carriole. A marcher sans cesse dans le sable, j'observe que les hommes ont acquis une démarche très particulière, jambes un peu arquées, et pieds à 10h10.
La soirée est étonnamment paisible, et la partie de dominos -exclusivement masculine bien entendu - en terrasse du bistrot est un pôle important de la vie sociale du village : autour des joueurs se crée un groupe qui se renouvelle au gré des passages et donne lieu à beaucoup d'échanges et de débats, dans la bonne humeur.
La mer est si calme que nous rejoignons le bateau à la rame. Un message de Michel, notre routeur, nous attend : ses prévisions sont plus sévères que ce quej'attendais : 30-35 noeuds, plus rafales si affinités. Les tripes se nouent un peu. Mais la nuit sera assez calme, les dépressions ne prennent pas le train, elles peuvent avoir du retard.
Jeudi matin, ça démarre. On ne sortira pas du bateau aujourd'hui. Bravo Michel, les 35 noeuds ont été dépassés. Charivari tire sur sa longe, mais le clapot est trop court pour chahuter sa grande coque. Parfois ça se calme, nous allons faire un tour de pont. Nous apercevons sur les quelques autres voiliers mouillés comme nous, des silhouettes qui examinent avec gratitude leurs ancres.
Le vent se calme dans la soirée. Le village est à 200 mètres de nous, trait de lumières posé sur une bande de sable. Bien que l'on entende derrière lui la mer gronder comme si un train passait à grande vitesse, il nous apparait paisible et le bistrot est comme une friandise inaccessible.
Cette nuit, rebelote. Mais avec une variante : c'est le calme plat, puis soudain arrive une bourrasque à 30 noeuds de vent, suivie de son orage bien lumineux. Ce régime nous sera imposé 3 fois dans la nuit. Un petit voilier anglais est venu mouiller trop près de moi hier en début de nuit. Or l'orage nous fait tourner dans tous les sens et pas forcément en phase, aussi je le surveille : il m'a volé une partie de ma nuit. Et ce matin le vent a repris duNord-est, dépassant les 36 noeuds.
Nous sommes samedi, milieu d'après midi. Normalement ça devrait se calmer. Nous aimerions en effet :
1) descendre à terre et nous offrir un petit resto au village,
2) partir demain avec le flot sinon pour aller rejoindre une marina civilisée et nous préparer pour la dernière étape.
Bises à toutes et à tous !

mercredi 8 octobre 2008

Chemin d'épaves.

...ou histoire de naufragés des sables. Nous découvrons dans une petite crique un phénomène étrange, qui se présente à nous à différents stades de son développement : la clochardisation lente du voileux. Ils sont une dizaine de voiliers, la plupart des multicoques, échoués à grande marée haute. Ils sont dans des états allant de l'hivernage ordinaire, mais habité, avec chauffage, carré de jardin et cabane de bricolage devant le bateau, à celui de lointain souvenir de chose flottante, reconvertie en cabanon et décoré de gadgets approximatifs : comme celui qui s'est baptisé « Moulin Rouge » et arbore une fantastique collection d'éolienne. On imagine avec douleur le fiasco qui a frappé ces dizaines de belles aventures, enlisées là faute d'avoir su repartir après un hiver, ou faute d'avoir une alternative à la vie sur leur bateau. Ce mercredi, la météo nous annonce une dépression inattendue qui nous rend la route vers Cadix impraticable jusqu'à dimanche. Olivier et Brigitte décident sur le champ de partir vers Huelva à 50 milles à l'Est, ils devraient y arriver de nuit avec au moins 20 nouds de vent par le travers, une broutille pour eux, une montagne pour nous. Nous décidons de rester, risquant l'inconfort du mouillage ici. C'est pas toujours drôle ! Promis, dès que nous mettons la main sur un cybercafé, je vous fais un diaporama sur tout ce que je viens de vous raconter !

Châteaux de sable.

Le charme des lieux tient autant au paysage qu’à l’habitat : l’île abrite un village fait de modestes petits châteaux (c’est du moins ainsi que leurs habitants doivent les considérer) alignés le long d’avenues de sable. Tout y est lilliputien, bien entendu, les moyens sont très limités, mais tout est soigné avec un réel souci du beau (ce qui bien entendu ne suffit pas toujours à faire du beau !). Comme le dit Olivier, c’est une architecture spontanée et sans règle, un art populaire sans contrainte. Et l’ensemble est bigrement harmonieux ! Nos amis nous font aussi découvrir un plat local fait de coquillages, de poisson, de lard, d'oignons qui ont mariné avec un je-ne-sais-quoi-qui-relève-tout-cela, dans une gamelle de cuivre. Un régal ! Ce matin, j'ai du plonger sous le ventre de Charivari. Olivier avait décidé de changer de mouillage (maladie fréquente chez un marin pointilleux), et enpassant devant nous me fait remarquer que mon orin avait disparu. (L'orin et un petit flotteur que l'on attache à l'ancre, afin de pouvoir la dégager sielle se coinçait dans le fond). En fait nous avions du faire un tour complet dans la nuit et le flotteur s'était sérieusement coincé, noyé entre coque etdérive à moitié relevée. Plongeon. Tiens, l'eau est chaude !

Lagos by night, mais pas plus.

Nous avions déjà 60 milles dans les pattes, mais décidons de continuer jusqu'à Lagos, à 17 milles de là. Nous longeons dans le couchant une côtemagnifique. L'arrivée de nuit, c'est le risque de nous engager dans un casier ou un filet flottant en nous approchant de la côte. Seul remède : croiser lesdoigts. Passée une dernière pointe, nous plongeons vers la boule de lumières de la ville, éblouis et cherchant dans cette débauche les petits feux vert etrouge qui balisent l'entrée du chenal menant au port. Notre entrée nous laisse une étrange impression : nous passons en un instant de la solitude de lanuit en mer, à la ville animée : des piétons, des autos longent le chenal. et en nous retournant nous ne voyons derrière nous qu'un voile noir dont nousémergeons comme des fantômes ! Etrange impression d'être fantomatiques aux yeux des passants qui se retournent à notre apparition ! Nous trouverons uneplace bancale, l'avant de Charivari amarré au le ponton d'accueil externe de la marina (fermée par un pont levis), et l'arrière au ponton de la pompe àessence. Aussi c'est sans aucun complexe que nous avons quitté ce port le lendemain vers 9h, sous le regard navré du collecteur de l'impôt marina, sansdébourser le montant d'un loyer que nous considérions comme non justifiable.Titre : 1er jour de vacancesJe sais, ce titre va faire frémir beaucoup d'entre vous. Mais c'est vrai, nous éprouvons cette impression forte d'être enfin en vacances ce matin enquittant Lagos sous un soleil déjà chaud, sur une mer douce et bleue, et sans aucun stress : NOUS AVONS LE SENTIMENT D'ÊRE ARRIVES !!! Fini la course versle Sud, les Caps et autres Raz et Golfe à passer, nous pouvons lever le pied, on peut aller où l'on veut, à notre rythme. Nous ne sommes plus pressés ! Deplus, nous ne sommes plus en prise directe avec l'Atlantique « brut », ses trains de dépressions et sa houle géante (nous entendons que, dans notre dos,les avis de coups de vent « sévères » fusent, jusque dans la zone Finisterre que nous avons l'impression d'avoir quittée il y a si peu de temps). Leschoses sont plus douces par ici, un peu comme en Bretagne Sud où la mer, cassée par la pointe de Bretagne comme elle l'est ici par le Cap Sao Vicente, n'apas de furies aussi brutales que plus au nord, au sud ou à l'ouest.Message de Brigitte et Olivier, qui vont ce soir rejoindre le site lagunaire de Faro, et nous invitent à les rejoindre : ils nous proposent de nous guiderjusqu'à un mouillage sympa qu'ils connaissent dans ce Parc Naturel fait de chenaux et de bancs de sables, un peu comme une petite Camargue. C'est 45 millesà rajouter aux 77 milles faits hier, mais la joie de les retrouver et de pouvoir découvrir cet endroit exotique nous ravit. On se rejoint en mer, séancephotos réciproques de nos bateaux sous voiles, puis on entre dans la lagune et mouillons devant une île de sable assez extraordinaire.

Sines n'est pas Byzance.

Sines est une adorable petite ville nichée au fond d'une baie artificielle qui accueille d'énormes méthaniers et autres monstres pleins de tuyaux et decontainers. Le miracle, c'est que l'on ne voit ni ne perçoit rien de ce trafic depuis la ville, la plage ou le port. C'est (sans doute) la manne qui luivient de cet industrieux voisinage que Sines semble ne plus savoir où investir. En effet, nous avons profité d'une luxueuse marina - quasiment vide - quinous accueille pour un prix très modique. Les lieux sont faits pour dix fois plus de clients, et le personnel de service est surnuméraire. Y compris lapolice maritime (dont le rôle semble confondu avec celui de la douane et de la capitainerie) qui gare ses somptueuses 4X4 dans le parking vide. La plage -vide elle aussi, pour cause de fraîcheur, mais néanmoins ratissée tous les jours - est belle et aménagée comme celle de Nice, desservie par un somptueuxescalier la reliant à une splendide promenade pavée et bordée de palmiers. La bibliothèque municipale est un énorme cube de marbre et de verre, façonpéplum, qui s'est posé dans un vieux quartier de façon si incongrue que l'oil ne cherche même pas le début d'un accord harmonieux entre les deux.Nous avons abusé de cette bibliothèque, suréquipée en ordinateurs, pour faire notre courrier électronique (nous n'avons trouvé aucun cyber-café, lamodernité fait ici des avancées sélectives). Mais l'interdiction d'utiliser des clés USB nous limite beaucoup : les photos ne partiront pas d'ici.Sines est aussi une ville qui semble perpétuellement balayée par un vent frais venant du Nord. Cela nous a valu une nuit très agitée au ponton de la marina: le vent est monté jusqu'à 33 nouds (début de force 8) dans le port. Charivari prenait le vent et les vagues de travers, menaçant d'arracher notre catway(petit ponton latéral). J'ai du doubler les amarres, et les porter sur le ponton principal. En pyjama. Où donc faut-il aller, pour dormir tranquillementen bateau ?!Mais la ville est jolie : ses rues anciennes, ses façades colorées ou chargées de magnifiques azulejos, son relief qui la fait plonger en douceur, d'où quel'on soit, vers la plage ou le port de pêche, ses couleurs évoquant déjà l'Afrique du Nord, sa lumière extraordinaire, surtout au couchant, ses fleurs etses palmiers. autant de beautés qui ne doivent rien à l'argent du pétrole.Nous avons eu du plaisir à nous trouver un soir dans l'ambiance d'un petit resto de quartier (repas à 7? tout compris, y compris le pain, le vin et lecafé). Le resto était plein, nous étions 33, dont 30 hommes. Les 2 autres femmes étaient à la même table, seules.Titre : Saut de l'Ange vers le CapEt puis nous sommes partis vers Sao Vicente, le dernier Cap, la dernière épreuve de ce voyage initiatique : on dit de ce Cap que, parfois, on l'entendavant de le voir. La difficulté vient du fait qu'il faut franchir 60 milles sans abri avant de l'aborder, et donc s'assurer d'une bonne météo pour les 10heures à venir. Encore que les vents locaux n'en feront sans doute qu'à leur tête, et ils savent monter vite et fort. Certains, comme nos voisins deponton, partent le soir pour l'aborder en fin de nuit, car « on dit » que les vents se calment toujours au petit matin. Michel, notre routeur, nous adémontré le contraire. Quant à Brigitte, consultée, elle pense qu'il faut mieux passer de jour, c'est tellement plus beau ! Nous avons des nouvelles deKassumay, qui l'a passé avec 30 nouds et pour qui ce fut galère. Bref nous sommes un peu tendus quand, à l'aube, nous mettons en route.Mais tout fut bel et bon, les dauphins étaient là à faire des galipettes, et les fous de bassan leurs sauts de l'Ange.A 17h, le Cap salué, nous commencions à voguer plein Est, vers la Méditerranée, ayant atteint la latitude 36°5 (celle d'Alger et de Tunis).

jeudi 2 octobre 2008

Bientôt le dernier virage

Partis à l’aube de Cascais, nous avons fait route en compagnie de Flores qui nous a rejoints depuis son mouillage dans le Tage, au cœur de Lisbonne.

Du vent sur la fin, les alizés portugais s'étant enfin réveillés (c'est un vent du Nord qui, l’été, souffle régulièrement à 15-20 nœuds).

En fin d’après midi,Brigitte nous annonce qu’ils ont décidé de poursuivre de nuit jusqu’à Lagos, de l’autre côté du cap Sao Vicente. Nous laissons nos grands navigateurs poursuivre, et entrons à Sines, accueillis par la silhouette de bronze de Vasco de Gamma qui se détache des créneaux du vieux fort qui garde sa villenatale.

Le port de plaisance est bordé par une belle grande plage qui nous rappelle qu’il y a bien longtemps que nous ne nous sommes vautrés sur du sable. On compte en profiter, la météo annonce beaucoup de vent pendant 2 jours. Nous attendrons donc sur cette plage les bonnes conditions pour passer le derniercap un peu délicat : Sao Vicente, à 60M d’ici.

Après, cap vers l’Est, vers la Méditerranée !Nous commençons à préparer le bateau pour l’hivernage, et comptons profiter de cette escale pour faire quelques petits travaux qui stagnent sur « la liste» depuis le départ, et sont repoussés, d’escale en escale, jusqu’à cet ultime point d’accumulation de toutes les corvées : la mise en hivernage…

Bises à toutes et à tous (les photos suivront dès que nous aurons accés au Net...)