Nous sommes partis lundi au petit matin en compagnie de Flores, le bateau de Brigitte et Olivier, pour une longue étape (66 milles) vers Figueira da Foz. Pas de vent. On sort les bouquins. Un bip : on adore, c’est un SMS qui tombe sur le téléphone satellite. Heureuse nouvelle, naissance chez Nathalie : « Elea est née hier à 15h ! » Bravo, bises !
Soudain vers 10h30 tombe une chape de brume, froide et opaque comme ces fameux bouchons de brouillard qui passent parfois sur l’eau l’été en Bretagne. Sauf que cela a duré jusqu’à 16h. Visibilité nulle, on ne voyait qu’à quelques dizaines de mètres autour du bateau. Nous prenons nos postes : Françou au radar et à l’AIS. Moi debout sur le siège de barre, en espérant pouvoir réagir vite si un obstacle se présentait. Entrainement efficace avec les casiers placés par de malveillants pêcheurs juste sur notre route, et évités vraiment de justesse. Appel de Brigitte, on s’échange nos positions, et on se repère sur les radars : ils sont 2 milles devant nous, et nous servent d’ouvreurs : appel d’Olivier « trois bateaux de pêche devant moi, je mets le cap au 170 pour les éviter », et nous de suivre comme des toutous, pratique ! Nous découvrons l’efficacité du radar, et confirmons celle de l’AIS.
L’AIS est un système fabuleux : chaque bateau un peu gros émet sa position, sa vitesse, son cap, l’âge du capitaine etc… cela arrive sur l’ordinateur du bord, qui positionne ce bateau sur la carte électronique et dit où et quand on doit se croiser, et s’il y a risque de collision : la plus belle invention depuis la boussole. Pour apprécier il faut avoir eu des frayeurs devant un mastodonte fonçant la nuit sur vous sans comprendre de quel côté il va passer.
Ci-joint une image mémorable d’une rencontre qui a eu lieu en sortie de Bilbao : le petit bateau vert, c’est un très gros cargo qui manœuvrait pour se mouiller devant le port. Le gros bateau rouge c’est Charivari (les proportions sont très inexactes !). J’ai sollicité toute la puissance de Popeye pour m’adapter à la situation, mais la figure est jolie, non ?
Hier donc, après ces heures de vigilance un peu tendue les yeux de mon matelot ont la forme des cercles de l’écran du radar, et moi je commence à halluciner : je crois distinguer furtivement un horizon, qui n’est qu’un faux créé par la crête d’une grosse vague, et des formes menaçantes qui me font faire des embardées, illusions produites par des volutes de brume un peu plus denses.
Puis comme elle est venue, et quand on n’y croyait plus nous apprêtant déjà à entrer au port en aveugles en nous aidant des seuls instruments, la brume s’est dissipée et le grand soleil chaud était là, avec un petit vent thermique de 10 nœuds sur une jolie mer… Françou jette une ligne et ramène deux jolis maquereaux coup sur coup (cuits le soir même, ça sera un régal !)
Le paradis bleu après l’enfer blanc.
Au port par un protocole étrange nous attendait. Je fais mine de prendre une place, quand d’un quai fuse un coup de sifflet à roulette. Un douanier, jambes écartées et raide comme la loi, outragé de l’ignorance que l’on a manifestée de son importance, nous fait de grands signes comme on en fait à un chien pour qu’il vienne au pied. Je vais au pied. En l’occurrence je dois frapper les amarres sur un haut quai en béton pas protégé, et m’entends dire : les papiers d’abord, la marina après ! Nous les verrons à l’œuvre toute la journée : ils sont trois, ne font rien d’autre qu’attendre l’arrivée vespérale de 2 ou 3 voiliers de passage dans une grande bâtisse « Reçepçao de iates ».
Aujourd’hui, je me suis lancé dans une vidange : le brave Popeye en avait besoin !
Demain nous descendons vers Nazaré, où nous retrouverons sans doute Olivier et Brigitte.
Il fait très chaud, les mouches et les moustiques sont là !
Soudain vers 10h30 tombe une chape de brume, froide et opaque comme ces fameux bouchons de brouillard qui passent parfois sur l’eau l’été en Bretagne. Sauf que cela a duré jusqu’à 16h. Visibilité nulle, on ne voyait qu’à quelques dizaines de mètres autour du bateau. Nous prenons nos postes : Françou au radar et à l’AIS. Moi debout sur le siège de barre, en espérant pouvoir réagir vite si un obstacle se présentait. Entrainement efficace avec les casiers placés par de malveillants pêcheurs juste sur notre route, et évités vraiment de justesse. Appel de Brigitte, on s’échange nos positions, et on se repère sur les radars : ils sont 2 milles devant nous, et nous servent d’ouvreurs : appel d’Olivier « trois bateaux de pêche devant moi, je mets le cap au 170 pour les éviter », et nous de suivre comme des toutous, pratique ! Nous découvrons l’efficacité du radar, et confirmons celle de l’AIS.
L’AIS est un système fabuleux : chaque bateau un peu gros émet sa position, sa vitesse, son cap, l’âge du capitaine etc… cela arrive sur l’ordinateur du bord, qui positionne ce bateau sur la carte électronique et dit où et quand on doit se croiser, et s’il y a risque de collision : la plus belle invention depuis la boussole. Pour apprécier il faut avoir eu des frayeurs devant un mastodonte fonçant la nuit sur vous sans comprendre de quel côté il va passer.
Ci-joint une image mémorable d’une rencontre qui a eu lieu en sortie de Bilbao : le petit bateau vert, c’est un très gros cargo qui manœuvrait pour se mouiller devant le port. Le gros bateau rouge c’est Charivari (les proportions sont très inexactes !). J’ai sollicité toute la puissance de Popeye pour m’adapter à la situation, mais la figure est jolie, non ?Hier donc, après ces heures de vigilance un peu tendue les yeux de mon matelot ont la forme des cercles de l’écran du radar, et moi je commence à halluciner : je crois distinguer furtivement un horizon, qui n’est qu’un faux créé par la crête d’une grosse vague, et des formes menaçantes qui me font faire des embardées, illusions produites par des volutes de brume un peu plus denses.
Puis comme elle est venue, et quand on n’y croyait plus nous apprêtant déjà à entrer au port en aveugles en nous aidant des seuls instruments, la brume s’est dissipée et le grand soleil chaud était là, avec un petit vent thermique de 10 nœuds sur une jolie mer… Françou jette une ligne et ramène deux jolis maquereaux coup sur coup (cuits le soir même, ça sera un régal !)
Le paradis bleu après l’enfer blanc.
Au port par un protocole étrange nous attendait. Je fais mine de prendre une place, quand d’un quai fuse un coup de sifflet à roulette. Un douanier, jambes écartées et raide comme la loi, outragé de l’ignorance que l’on a manifestée de son importance, nous fait de grands signes comme on en fait à un chien pour qu’il vienne au pied. Je vais au pied. En l’occurrence je dois frapper les amarres sur un haut quai en béton pas protégé, et m’entends dire : les papiers d’abord, la marina après ! Nous les verrons à l’œuvre toute la journée : ils sont trois, ne font rien d’autre qu’attendre l’arrivée vespérale de 2 ou 3 voiliers de passage dans une grande bâtisse « Reçepçao de iates ».
Aujourd’hui, je me suis lancé dans une vidange : le brave Popeye en avait besoin !
Demain nous descendons vers Nazaré, où nous retrouverons sans doute Olivier et Brigitte.
Il fait très chaud, les mouches et les moustiques sont là !
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