Je n’aime pas trop ces levers au petit matin : le réveil sonne, il fait encore nuit, on ne distingue pas le ciel qui nous attend… ça rappelle les temps laborieux ! Et pourtant il le faut, si nous voulons partir avec les premières lueurs du jour et boucler notre étape avant le coucher du soleil. Ce soir nous devrions être à Lisbonne, ou plutôt dans sa banlieue : Cascais est une charmante petite ville dans l’estuaire du Tage – le fleuve qui arrose Lisbonne - où se trouvent au choix : une marina luxueuse (très chère), et un mouillage (gratuit). Dilemme ? C’est une question de point de vue, vous verrez…
Nous laissons Peniche dans le soleil rouge. Des dizaines de barques de pêche sont posées en vrac sur une mer très calme. Nous nous frayons un passage sur la pointe des pieds, ils sont tous tellement silencieux, certains ont même les lamparos encore allumés. Sous le vieux fort et sa falaise, on aperçoit Flores encore assoupi : Olivier et Brigitte qui ont l’âme champêtre ont préféré mouiller hors du port, seuls dans un site grandiose. On prend garde de ne pas les réveiller : ils vont plus vite que nous..
Nous nous attendons à une journée chaude, le vent est évanescent. Soudain, nous recevons une grande claque, une goulée de fraîcheur, avec un vent de 25 nœuds qui déboule de terre par le travers, et réduisons la toile. Olivier nous appelle quand Flores quitte son mouillage : englué dans le calme, il ne nous croit pas quand nous lui disons avoir réduit la toile. Une heure après, nous le rappelons pour lui dire que le vent est retombé : lui vient de prendre 2 ris ! Quand nous subirons une seconde attaque encore plus virulente avec 28 nœuds, lui sera dans la pétole… Décidément, l’Atlantique se méditerranéise, à prendre des coups de sang et à se calmer de façon aussi soudaine.
Nous passons au large d'Ericeira, la ville d'Europe la plus proche d'Amérique
S’y trouve une trentaine de bateaux venant de tous horizons : ambiance sympa. Pas d’hésitation, nous jetons l’ancre, dédaignant la marina de luxe... 
Puis la lumière sympa vire au gris métallique de l’orage, le vent se lève et le beau mouillage nous montre son talon d’Achille : pas très bien abrité du secteur sud ! Nous devons faire un premier changement de mouillage après le dîner, dans le noir : mon matelot n’aime pas du tout (traumatisme datant de nos aventures à San Vicente de la Barquera, qui a même produit un adage : « Plus tu changes de mouillage pour être mieux, plus c’est pire »). En fait ça se passe bien, et c’est mieux : le vent doit se lever d’Est en fin de nuit, nous aurons de la place pour relâcher de la chaîne s’il le faut.
La nuit est un peu bruyante et roulante, et je projetais de rejoindre la marina au matin, n’imaginant pas laisser Charivari au bout de Damoclès (son ancre) dans un mouillage aussi peu protégé pendant notre visite de Lisbonne. Mais nous petit-déjeunions encore que le vent se lève vite et fort, comme hier. Je pense d’abord à une grosse brise de terre. Mais le temps passe et ça monte toujours, atteignant 25 nœuds et soulevant une mer de plus en plus énervée, avec des vagues courtes et formées qui blanchissent de la crête. Les bateaux font de grandes embardées, et il devient même problématique d’envisager de lever l’ancre.
Olivier et Brigitte, qui ont l’intention de rejoindre Lisbonne en bateau (ils mettront 4 heures pour remonter le Tage sur 8 milles, vent contre courant), ont un peu de mal à lever la leur : tout l’art consiste à faire avancer le bateau au moteur, au fur et à mesure que le guindeau (petit treuil) enroule la chaîne d’ancre. Les efforts développés sur la chaîne de l’ancre sont en effet très grands, et il faut soulager le guindeau, instrument vital, du poids et des coups de boutoir du bateau dans la vague. Une très bonne synchronisation doit de faire entre le barreur et celui qui enroule la chaîne, mais dans ce vent et avec les embardées, c’est un peu délicat. Ainsi, Brigitte, au guindeau, criait à Olivier « N’avance pas ! », et lui, comprenant « Ça n’avance pas ! », a mis trop de puissance au moteur, passant sur son ancre… ce qui a donné une belle figure et rajouté au stress de mon matelot.
Donc, Françou craint de ne pas y arriver. On attend… le vent monte toujours. Mais vers 14 h on ne peut plus attendre, c’est un capharnaüm et presque tous les bateaux ont quitté le mouillage pour trouver l’abri de la marina. Je force un peu mon matelot à qui il faudra beaucoup de courage pour prendre son poste à la barre. Et tout se passe très bien, j’ai pu ramener les 30 mètres de chaîne en douceur ! Quand on entre enfin dans cette marina – si chère ! – un coup d’œil à l’anémomètre indique 29 nœuds dans le port. Ce soir le ciel est sale, le vent siffle dans les haubans, et quand je lui ai demandé si elle se voyait dehors à l’ancre, Françou m’a dit : oui… mais enfermée dans les cabinets !
Nous laissons Peniche dans le soleil rouge. Des dizaines de barques de pêche sont posées en vrac sur une mer très calme. Nous nous frayons un passage sur la pointe des pieds, ils sont tous tellement silencieux, certains ont même les lamparos encore allumés. Sous le vieux fort et sa falaise, on aperçoit Flores encore assoupi : Olivier et Brigitte qui ont l’âme champêtre ont préféré mouiller hors du port, seuls dans un site grandiose. On prend garde de ne pas les réveiller : ils vont plus vite que nous..
Nous nous attendons à une journée chaude, le vent est évanescent. Soudain, nous recevons une grande claque, une goulée de fraîcheur, avec un vent de 25 nœuds qui déboule de terre par le travers, et réduisons la toile. Olivier nous appelle quand Flores quitte son mouillage : englué dans le calme, il ne nous croit pas quand nous lui disons avoir réduit la toile. Une heure après, nous le rappelons pour lui dire que le vent est retombé : lui vient de prendre 2 ris ! Quand nous subirons une seconde attaque encore plus virulente avec 28 nœuds, lui sera dans la pétole… Décidément, l’Atlantique se méditerranéise, à prendre des coups de sang et à se calmer de façon aussi soudaine.
Nous passons au large d'Ericeira, la ville d'Europe la plus proche d'Amérique
Nous arrivons dans la soirée à Cascais. Le mouillage est en effet très beau, il fait face à la petite ville colorée toute embrasée par la lumière du couchant.
La nuit est un peu bruyante et roulante, et je projetais de rejoindre la marina au matin, n’imaginant pas laisser Charivari au bout de Damoclès (son ancre) dans un mouillage aussi peu protégé pendant notre visite de Lisbonne. Mais nous petit-déjeunions encore que le vent se lève vite et fort, comme hier. Je pense d’abord à une grosse brise de terre. Mais le temps passe et ça monte toujours, atteignant 25 nœuds et soulevant une mer de plus en plus énervée, avec des vagues courtes et formées qui blanchissent de la crête. Les bateaux font de grandes embardées, et il devient même problématique d’envisager de lever l’ancre.
Olivier et Brigitte, qui ont l’intention de rejoindre Lisbonne en bateau (ils mettront 4 heures pour remonter le Tage sur 8 milles, vent contre courant), ont un peu de mal à lever la leur : tout l’art consiste à faire avancer le bateau au moteur, au fur et à mesure que le guindeau (petit treuil) enroule la chaîne d’ancre. Les efforts développés sur la chaîne de l’ancre sont en effet très grands, et il faut soulager le guindeau, instrument vital, du poids et des coups de boutoir du bateau dans la vague. Une très bonne synchronisation doit de faire entre le barreur et celui qui enroule la chaîne, mais dans ce vent et avec les embardées, c’est un peu délicat. Ainsi, Brigitte, au guindeau, criait à Olivier « N’avance pas ! », et lui, comprenant « Ça n’avance pas ! », a mis trop de puissance au moteur, passant sur son ancre… ce qui a donné une belle figure et rajouté au stress de mon matelot.
Donc, Françou craint de ne pas y arriver. On attend… le vent monte toujours. Mais vers 14 h on ne peut plus attendre, c’est un capharnaüm et presque tous les bateaux ont quitté le mouillage pour trouver l’abri de la marina. Je force un peu mon matelot à qui il faudra beaucoup de courage pour prendre son poste à la barre. Et tout se passe très bien, j’ai pu ramener les 30 mètres de chaîne en douceur ! Quand on entre enfin dans cette marina – si chère ! – un coup d’œil à l’anémomètre indique 29 nœuds dans le port. Ce soir le ciel est sale, le vent siffle dans les haubans, et quand je lui ai demandé si elle se voyait dehors à l’ancre, Françou m’a dit : oui… mais enfermée dans les cabinets !
... puis à nouveau détendue, Françou fait les essayages de moustiquaire, confectionnée dans du voile de mariée…
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