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Charivari, troisième (et dernière) séquence!

vendredi 29 août 2008

Réflexions philosophiques



Je vous raconte nos aventures et pépins avec humour et décontraction, mais… ça fait beaucoup de séquences « tripes nouées » en 8 jours, et la tentation de jeter l’éponge me prend parfois, au grand dam de Françoise. Elle a bien sûr raison. Mais ça n’empêche pas de se poser des questions : l’aventure sur la mer peut solliciter des ressources importantes à n’importe quelle heure du jour et de la nuit, aussi bien au port qu’au mouillage (il n’y a que dans une marina que l’on peut « débrayer » : ce qui explique qu’elles soient si pleines !).



Et parfois on se fait peur à juste raison. Il faut donc à tout moment disposer d’une grande forme physique et morale (l’angoisse elle aussi épuise cette forme de ressource qui vous fait aller toujours plus loin). Or je constate que, à deux ou trois occasions cette semaine, nous avons touché nos limites.


Nous en parlons beaucoup ce soir. Et nous décidons de ne plus être obsédés par l’idée d’arriver quelque part (El Kantaoui) à une date donnée (fin octobre), mais d’avancer à notre rythme, quand on se sent bien et sans forcer, en prenant plaisir de profiter de l’endroit où nous avons jeté l’ancre (après tout, ici, avec la radio espagnole, on pourrait se croire déjà en Amérique du Sud !), et en étant encore plus sélectif sur la météo.


La météo ! C’est la grosse incertitude, et elle nous a piégés déjà. C’est plus l’état de la mer que la force du vent qu’il faut bien observer, comme me l’a appris notre mentor Thierry Dubois « pour traverser le Golfe de Gascogne, tu ne regardes pas que la météo prévue, tu regardes celle de la semaine passée, elle conditionne l’état de la mer et c’est le plus important »).


Mettant en application ces nouveaux principes, aujourd’hui il fait un temps magnifique, la mer semble belle… eh bien on ne s’est pas mis martel en tête : on bulle, d’abord pour récupérer de nos guignes passées, profiter de ce coin qui a malgré tout des charmes et regarder de loin ce qu’annonce la météo : « vent de Nord Est 3 à 5 parfois 6, mer agitée localement forte ». Nous pourrions passer avec Charivari. Nous préférons attendre.



On s’arrêtera pour hiverner dans 1 mois, ou dans 2 mois, là où nous serons arrivés. Et tout le programme est considéré comme révisable à partir de maintenant ! Un seul but : mettre du sud dans notre cap. Vous, chers lecteurs, ne vous attendez donc pas à lire la réplique des « 40èmes rugissants » de Moitessier : notre journal sera plutôt du genre « Trois hommes dans un bateau » du major Thomson !

Bises à toutes et à tous !

3 commentaires:

Anonyme a dit…

Très chers navigateurs,

Nous arrivons à frissoner en vous lisant mais nous vous trouvons bien courageux et compétents. Tenez bon la barre mais soyez prudents.
Bises
Les guet's de paris

Anonyme a dit…

Nous sommes bien petits à Montméal en suivant nos géants des mers.Bravo à tous les deux.Un savant dosage, sans doute dans une marmite à Quiberon vous permet de franchir ensemble tous ces obstacles. La sérénité suivra votre maîtrise, consolidée par tous ces tests qui valident votre équipage. Nous sommes impuissants pour vous aider.Une équipe au Portugal (via Marc et Maria) qui garderait Charivari dans quelque port, vous donnerait un vrai temps de repos sur terre ?
Les yeux fixés sur la Costa Verde,
nous attendons le prochain mouillage.

Christiane&serge a dit…

Bravo et encore bravo, Bob et Françoise! de retour de notre calanque "privée" (!!!) de Port-Cros nous nous sommes précipités sur vos nouvelles!
Avec Annabella, nous n'avons que traversé vers la Corse cette année, et avec des conditions idéales... les seuls monstres marins rencontrés furent de gentils dauphins et de piquantes méduses...
il arrive en mer des incidents techniques et qq erreurs de manip, et comme vous l'avez vécu, en général cela s'enchaîne... mais heureusement avec de vaillants marins "professionnels" tout s'arrange !
Et peut être une rencontre méditterranéenne entre Chavivari et Annabelle, bien assortis !
toutes nos affectueuses pensées vous accompagnent dans ce périple
les E-V